Article de presse – Le Parisien 29.04.26 – Extraits
Féminicides : pourquoi l’hécatombe continue malgré les dispositifs de protection
Moyens insuffisants, policiers mal formés, associations débordées… En dépit d’une volonté politique affichée et de l’augmentation des budgets alloués, la France peine à faire chuter le nombre de féminicides, encore en hausse ces derniers mois.
Les associations en première ligne
« Les dispositifs d’urgence existent, mais ils sont saturés », affirme la directrice du CIDFF de Nice (Alpes-Maritimes), Prune de Montvalon. Les associations doivent notamment composer quotidiennement avec le manque de places d’hébergement d’urgence. Face à l’impossibilité de loger une femme en danger, « on travaille sur des stratégies d’évitement du risque », affirme la directrice de l’association. « On se débrouille au cas par cas, c’est du système D », explique Émilie, directrice adjointe du CIDFF de Paris. Et ce manque de moyens peut être fatal. Il y a deux ans, une femme avait contacté le CIDFF de Nice pour obtenir de l’aide. Débordée, l’association avait dû la faire attendre. Elle a été tuée entre-temps.
L’augmentation des budgets consacrés ces dernières années à la lutte contre les féminicides ne suffit pas à répondre aux besoins qui, sur le terrain, explosent. En 2025, la Fédération nationale des CIDFF a observé un bond de 25 % des victimes de violences conjugales qui ont poussé leur porte. Avec ses 98 associations partout en France, ces centres sont en première ligne dans la prise en charge des violences conjugales.
Un « mémorial » pour les victimes de féminicides 2020
« On a multiplié notre budget par quatre en huit ans », constate Prune de Montvalon. Une augmentation « pas du tout à la hauteur des besoins qui explosent ». Avant la crise Covid, le CIDFF gérait une trentaine d’appels par jour. « Aujourd’hui, on est à 120, avec toujours une seule personne à l’accueil », indique la directrice. Face à d’« énormes problèmes de trésorerie », l’association est forcée d’emprunter.